Le délestage, nouvelle plaie de l'économie zimbabwéenne
Nelson Masaka tient une boucherie à Harare. La vie était déjà difficile en raison de la crise économique au Zimbabwe, mais des pannes de courant qui durent jusqu‘à 10 heures par jour ont aggravé la situation. L’industrie de la viande locale lutte depuis quelques semaines déjà contre une série de délestage dans le pays. “Je garde maintenant un bidon de carburant parce qu‘à chaque fois que le courant part, je dois fermer le magasin et me rendre à la station-service pour acheter du diesel pour le générateur afin de pouvoir continuer à faire fonctionner l’entreprise. Mais le diesel coûte cher et n’est pas facilement disponible, ce qui est un autre défi, alors je n’allume le groupe que la nuit pour que les réfrigérateurs soient assez froids pour entreposer la viande le lendemain, c’est la situation dans ce pays”, déplore le boucher. Il n’y a pas que les entreprises qui sont pénalisées par ce rationnement d‘énergie ; les ménages sont aussi impactés. Ils doivent endurer des journées, parfois des nuits entières sans électricité. John Alfonzo, professeur particulier, s’est tourné vers les bougies ou la lampe de poche de son téléphone pour travailler. “J’utilise la bougie et c’est difficile et ce n’est pas bon pour ma santé, pour mes yeux, la lumière de la bougie n’est pas si brillante”, souligne-t-il. La compagnie nationale d‘électricité du Zimbabwe attribue la crise à la faiblesse des niveaux d’eau de la plus grande centrale hydroélectrique du pays. Cette situation vient mettre la pression sur une économie qui souffre déjà de l’inflation, de la pénurie de devises et du chômage élevé.