Martinique : un léger frémissement de la vaccination, mais pas un grand engouement
En Martinique, il y a d'un côté le chiffre du taux d'incidence, qui approchait la barre des 1 200 cas pour 100 000 habitants, soit 5 fois plus que la moyenne nationale. De l'autre, il y a ce très faible de taux de vaccination : moins d'un quart de la population martiniquaise a reçu au moins une dose d'un vaccin. Mais face au désastre sanitaire provoqué par la quatrième vague de Covid-19, la vaccination a connu un léger frémissement.  Plusieurs habitants, jusque là réfractaires, changent d'avis. C'est le cas d'Alex, qui a plusieurs cas de Covid-19 et même un cas de décès parmi ses proches. "Je ne pensais pas que ça allait être grave. Il y a deux jours, j’ai perdu une tante et hier soir, j’ai vu un cousin à moi, très proche, il est resté deux ou trois jours couché chez lui et quand hier soir j’ai vu les pompiers, tout ça, ça m’a interpellé, ça m’a fait un déclic dans la tête" , explique-t-il. Le centre fait ces derniers jours en moyenne 1 000 vaccins par jour, "contre une moyenne de 556 depuis l'ouverture" , explique  le médecin-chef du Service territorial d'incendie et de secours (STIS), Ludovic Durand, en charge du vaccinodrome. Mais dans cette île des Caraïbes de 400 000 habitants, "l'engouement pour le vaccin n'est pas énorme" , se désole le sapeur-pompier. "On devrait avoir la queue tous les jours".  Malgré les appels lancés par le gouvernement pour se faire vacciner, certains viennent, mais à reculons. "Je ne crois pas à la vaccination", dit cette habitante du Lamentin, venue pourtant se faire injecter sa première dose. Mais elle ajoute :  "J'ai deux enfants qui ont en ce moment la maladie donc vu mon âge..." Néanmoins, le retard accumulé par la Martinique est tel que le rythme actuel de la vaccination ne sera probablement pas suffisant pour améliorer totalement la situation sanitaire à plus long terme. "Si l’hésitation vaccinale reste toujours aussi importante en Martinique, ce qui est certain c’est que lorsque cette 4ème vague dramatique sera passée - car elle va finir par passer avec les mesures de freinage très strictes - il y aura ensuite une 5ème vague, puis une 6ème et ainsi de suite", craint le  Professeur André Cabié, chef du  service de maladies infectieuses et tropicales du CHU de Martinique. Pour les professionnels de santé spécialisés dans les maladies infectieuses, c'est donc une course de longue haleine qui s'engage pour convaincre une population défiante vis-à-vis de la métropole et de l'État, et pour lutter contre les fausses informations qui circulent.